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Wings of Liberty

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Parlons des choses qui fâchent.Angel Xp, analyste quantitatif & trader


L' irrationnelle fascination pour Lord Keynes.

Publié par Angel Xp sur 12 Août 2014, 18:59pm

Catégories : #Economie, #keynésianisme

Maintenant que mon blog est beaucoup plus connu, je republie un article de mon ancien blog datant de 2012 et qui n' a pas pris une ride. ( avec une petite MAJ en plus en fin d' article )

 Keynes discrédité en 3 min ( VOSTFR )

 

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Bien que ces dernières années attestent des multiples naufrages du keynésianisme, je trouve  tout simplement stupéfiant de voir combien la pensée keynésienne exerce toujours une fascination auprès des " experts "  et des dirigeants.

Cette merveilleuse doctrine économique, qu' est le keynésianisme, soutient que pour obtenir  de bonnes récoltes,  on peut consommer les semences avant même de les avoir mis en terre,  puis il suffit  d’emprunter à son voisin, qui lui a semé en temps et en heure de quoi se nourrir,  faisant  le bonheur de ce dernier  qui sans cela n’aurait eu personne  à qui vendre sa récolte. On peut aussi non pas lui emprunter de l’argent, mais simplement le lui voler sous forme de  racket fiscal.

 Pendant les années 30, le contexte d' une économique mondiale fractionnée en espaces nationaux  favorisait un développement par auto-suffisance, alimentant une guerre économique qui dégénéra  en conflit armé généralisé.

Keynes avait écrit qu' Hitler en personne s' était servi  de sa théorie  ( la Théorie Générale de Keynes ) pour accomplir son entreprise de reconstruction et de la relance économique allemande dont il avait sciemment mis en autarcie.

D’ailleurs,  Lord Keynes écrivait  en 1936,  dans  sa Théorie Générale :

" Il va sans dire que la théorie de la production dans son ensemble, que ce livre cherche à présenter, s’adapte beaucoup mieux aux conditions d’un Etat totalitaire, que ne le fait la théorie de la production et de la répartition d’une production donnée, avec en plus une large dose de laissez-faire " ( Gérard Marie Henry [1997], Keynes, Edition Armand Colin, Paris, page 7 ) I

Il va sans dire… autant l' énoncé  à coeur ouvert ! Du reste, dans un élan aristocratique, Keynes méprisait la démocratie. Sa correspondance avec Friedrich Hayek ( un libéral  de l' école autrichienne )  révèle sa vision de la liberté : 

 

" Je pense que la bonne solution viendra d’éléments intellectuels et scientifiques qui doivent être au-dessus des têtes de la grande masse d’électeurs plus ou moins illettrés " .

 

Comme si cela ne suffisait pas à discréditer la théorie keynésienne. En outre celle-ci n’est valide que sous certaines hypothèses aussi précises que restrictives. Keynes ne se limitait  qu au  court-terme, se focalisant sur la relance de la consommation parce qu’il considérait que l’offre était donnée (ce qui est normal à court-terme) et sous-employée. Keynes raisonnait  également sur un modèle d'économie fermée, ce qui était la réalité de son époque. Enfin, ses raisonnements ne prennent pas   en compte le changement technologique puisque son évolution est considérée comme figée à court-terme.

Bien entendu, aujourd’hui  l’économie est ouverte ( vrai depuis 1945 avec la mise en place du GATT et du FMI ) avec une mouvance incessante de la  technologique. De plus, l’addition des court-termes ne fait pas du long-terme. Alors pour bien comprendre le moteur de la croissance durable à long-terme, il faut avoir une optique différente du schéma keynésien et qui est celle qui a été privilégiée par la macro-dynamique, dont les bases essentielles ont été posées et exposées par Robert Solow dans les années 60.

 Robert Solow, professeur d’économie au M.I.T., lauréat  du Nobel d’économie  en 1987 pour ses travaux académiques sur la croissance, n’échappait pas au conditionnement keynésien, la pensée dominante  dans le monde académique de l’époque. Il faudra attendre  les lumières de Milton Friedman, et l’école de Chicago, pour mieux saisir toutes les implications de la théorie dynamique de la croissance, notamment en termes de politiques structurelles de croissance.

 A mon sens, nous sommes complètement  passés à côté de cette révolution intellectuelle majeure qui a porté au pouvoir Reagan aux Etats-Unis et Thatcher en Grande-Bretagne dans les années 80. Il faut se souvenir de la situation des USA dans les années 70 (on glosait en Europe sur le déclin américain) et aussi de la Grande-Bretagne convoquée devant le FMI pour constater la cessation de paiement de l’Etat britannique.

En France, les socialistes accédaient  aux commandes avec le projet de " rompre avec le capitalisme "  sous les conseils avisés d’un certain Attali, chantre des nationalisations, récemment remis en place par Nicolas Sarkozy.

Dans les années 60, tous nos économistes -  ainsi que le monde universitaire en général formant les chercheurs – s' extasiaient du marxisme  pendant que les universités américaines posaient les fondements des théories de la croissance.

Ainsi, Milton Friedman  et ses " Chicago Boys "  comme ils furent vulgairement moqués par les pseudos intellectuels français forcément supérieurs - était considéré comme le Pâpe de l' ultralibéralisme puis l' incarnation du Mal,  vu d' une hexagone rose et rouge. D' où, l' absence des doctrines libérales dans l' enseignement des universités françaises et la présence d' une  dictature intellectuelle cultivant un anti-libéralisme primaire. 

 Plus croustillant,  Lionel Jospin signa en 1974 un opuscule à l’usage des jeunes militants du PS qui suggérait vivement de lire  Marx, Engels, Gramsci, Rosa Luxembourg, Lénine et Mao… Bref de grands économistes ayant apportés  prospérité et rayonnement à leur peuple !

Evidemment,  l’effondrement de l’U.R.S.S dévoila le désastre  économique, social et humain  de l' expérience communiste. Dès lors  les "penseurs"  officiels et  autres soi disant experts en économie, à peine gênés, sont donc devenus keynésiens. Malheureusement,  en retard d' une révolution majeure,  Keynes était déjà depuis longtemps dépassé. Sans doute attendent-ils aujourd’hui l' inévitable et imminente faillite   de l’Etat-providence pour se convertir au libéralisme ?   J' en doute  car  il s' avère  plus aisé d' attribuer la catastrophe annoncée aux ravages d' une "mondialisation libérale"  sans trop perdre la face.

L’histoire des idées nous enseigne que les grands penseurs, souvent bien seuls, ouvrent toujours la voie tandis que les autres, beaucoup plus nombreux, courent désespérément après des évènements qu’ils sont incapables de comprendre et véhiculent de fallacieuses interprétations.

Tout le monde s' accorde pour dire que l' Euro ne fonctionne pas et  que la monnaie unique a créé  des siuations antagonistes  aux effets escomptés.

Cependant les avis divergent sur l' origine de la crise au sein des économistes. Paul Krugman, le célèbre économiste néo-keynésien lauréat du Prix Nobel d’économie 2008, était l’un des invités d’une conférence donnée à l’auditorium Rafael Del Pino, au cours de laquelle il a présenté son nouveau livre, " End This Recession Now !"  ( mettez fin à cette récession maintenant !).  Il s' est vu confronté à  Pedro Schwartz, un économiste espagnol d’obédience libérale qu se revendique du courant de pensée de l' école autrichienne de l' économie.

                                                                           

 

Naturellement, la vision des deux hommes s' oppose. Pour Krugman,  l’insuffisance de la demande doit être compensée par des stimuli de l’Etat, alors que pour Schwartz , la sortie de crise ne peut se faire que par une libération de l' offre, en évitant le recours des instances publiques.

Aux alentours de la 35 mn, Schwartz intervient  suite à l’allocution de Paul Krugman, tout en manifestant un grand respect pour son collègue néo-keynésien, avec néanmoins une réserve :  " Fâcheusement et trop souvent, les lauréats du prix Nobel tentent de pontifier dans des domaines hors de la spécialité dans laquelle ils excellent "

et   " ils  bénéficient de  cette aura autoritaire qui fait que peu importe ce qu' ils disent,  que ce soit censé ou exagéré , est accepté avec résignation par certains, et enthousiasme par d’autres "

S’ensuit un rappel des mécanismes économiques ( vers 39 :00 ) et de l’échec des politiques de relance  keynésiennes menées aux USA, Japon et en Espagne.

Ce que  P. Krugman a dit au sujet de la crise de l’euro et de ses solutions était " intelligent, pratique, mais cela correspond exactement ce que disent habituellement les économistes de cette école : ils nous ont mis dans ces difficultés et maintenant, nous devons sacrifier nos principes pour leur permettre de sortir de ces difficultés "

Contenant visiblement sa colère, Krugman a jugé "excessivement décevant" de constater que des gens fustigeaient le manque de stature intellectuelle de son école. Vers 48 :20, on se délecte de l' authentique altercation  entre  les deux hommes.  Des rumeurs circulent qu' à l’issue de cette conférence, Krugman aurait  refusé de serrer la main de son collègue. Quel mauvais perdant ! 

[ MAJ 12 août 2014 ]

Enfin nous connaissons le résultat des relances keynésiénnes : une explosion de la dette tout en faisant coexister inflation ( actifs boursiers ) et déflation (dans l' économie "réelle" )

Krugman et Stiglitz conseillers économiques d' Obama.

Krugman et Stiglitz conseillers économiques d' Obama.

L' irrationnelle fascination pour Lord Keynes.

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euhh 14/11/2014 18:49

"nous sommes complètement passés à côté de cette révolution intellectuelle majeure qui a porté au pouvoir Reagan aux Etats-Unis et Thatcher en Grande-Bretagne dans les années 80."
"Enfin nous connaissons le résultat des relances keynésiénnes : une explosion de la dette..."
national debt per capita : Reagan +92%
Reagan champion de l'augmentation de la dette

J'en conclus que Reagan était keynesien...

Léa Delrosso 14/11/2014 21:10

Vous confondez déficit et dépense étatique, et Il faut aussi se replacer dans le contexte.

Lorsque Reagan arrive en 1981, il doit purger une économie menée selon le schéma keynésien : hausse des dépenses publiques contres productifs couplées à des taurx réels négatifs. Purge qui s' effectue lorsque Volker ( gouv de la FED ) monte les taux courts à 20 % pour stopper l' inflation.

il faut environ 3 ans pour que l' économie se désintoxique période pendant laquelle les déficits augmentent. Remonter 15 ans de keynésianisme coûte cher.

A cela s' ajoute l' explosion du budget militaire pour soutenir la course à l' armement contre l' URSS.

Allen 12/08/2014 20:23

Krugman prix nobel d' économie alors qu' il n' a pas vu arriver les subprimes, intellectuellement à la ramasse sur ses prédictions économiques toutes fausses et n' a jamais mis les pieds dans une entreprises.

Léa Delrosso 15/11/2013 16:21

L' omniprésence du schéma keynésien érigé en valeur incontournable empêche d'' envisager d' autres configurations. Ce modèle permet de justifier la présence de l' etat dans les secteurs économiques où il n' a rien à y faire.

Le programme d'économie à l'ENA débute, continue et se termine par Keynes.

Orion 15/11/2013 15:59

Haaa Keynes, sa vision ultra simpliste de la dette, ce grand visionnaire qui prédisait que le Franc Suisse était à ranger avec les cartes de baseball, et pour qui l’ or n’ était qu’ une relique barbare…. Haa Keynes et ses adorateurs, tous des paumés intellectuels.

Merci pour cette excellente mise au point.

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