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Wings of Liberty

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Parlons des choses qui fâchent.Angel Xp, analyste quantitatif & trader


Battre la monnaie, un privilège strictement régalien.

Publié par Angel Xp sur 8 Mai 2013, 15:04pm

Catégories : #Euro, #Articles incontournables

Le dévoiement des trois principales banques centrales : Federal Reserve ( FED ),  Banque Centrale Européenne ( BCE ) et Bank of Japan ( BoJ ) remet au coeur du débat leur statut d' "indépendance".

Mario-Draghi-BCE( Mario Draghi, gouverneur de la BCE )

 

Clarification des rôles d'une banque centrale.

 

La directive première de ces institutions susmentionnées est de garantir l' intégrité de la monnaie, c' est-à-dire de maintenir son pouvoir d' achat depuis l' abandon de l' étalon or. Les banques centrales constituent donc, en principe, le garde fou contre l' open bar de la récréation création monétaire.

Pour le reste, leurs rôles ne sont pas strictement identiques et l' organisation varie selon les pays.  Par exemple , l' objectif principal de la BCE reste le maintient et la stabilité des prix dans la zone euro, alors que la FED doit remplir trois missions : un taux d'emploi maximum, des prix stables et des taux d'intérêt à long terme peu élevés

Ces institutions peuvent être indépendantes du pouvoir politique, comme la BCE, ou partiellement, comme la FED où coexistent un Conseil Fédéral des Gouverneurs (The Federal Board Of Governors) et un réseau de 12 banques fédérales à capitaux privés  ( Regional Federal Reserve Banks ),. La FED jouit d' un statut fédéral censé lui assurer l'indépendance de ses choix vis-à-vis du gouvernement.

Quant à la BoJ, ses statuts ne sont pas clairement définis. Un doute plane sur son autonomie. Cependant, la lecture de sa politique monétaire laisse penser un monopole étatique.

 

Un corporatisme politico-financier

 

Je fais parti des libéraux qui pensent que la monnaie doit rester une mission régalienne, au même titre que la justice, la diplomatie, la défense ou la police.

En abandonnant le pouvoir de l émission monétaire à des autorités indépendantes, non élues de surcroît, on leur confère la possibilité de mettre en oeuvre leurs propres idées politiques et économiques. Et ce, sans aucun recours légal possible  Ce transfert de pouvoir met fin à la Démocratie.

Les politiques de la FED profitent uniquement à la haute finance et au 1 % des américains les plus riches qui détiennent 50 % des marchés actions. L'ex-congressman; Ron Paul, dénonce depuis des années  le caractère corporatiste de cette institution. Comme ce n' est pas l' objet de l'article, je vous renvoie à une intervention de Philippe Béchade qui livre une analyse détaillée que je partage.

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ben-bernanke-burnanke-burning-money-us-national-debt-sad-hill-news( image tirée du blog à Lupus )

Concernant Mario Draghi, l' actuel gouverneur de la BCE, il paraît évident à ce stade de la crise européenne, que sa mission consiste à sauver la face de l' "élite" politico-financière. Celle-la même qui a promu le projet de la monnaie unique sans prendre le temps d' avertir les populations concernées de ce que cela impliquait comme effort.

Pour faire court, les mécanismes régissant la monnaie unique conduisent à une très mauvaise allocation de ce bien rare qu' est le capital. La surévaluation du taux de change et l' abominable régulation des taux internes ( trop haut ou trop bas ) ont anéanti les entreprises. Les États pouvaient emprunter à bon compte, et l' argent disponible n' allait pas à l' investissement mais à la consommation publique, dont on constate le résultat aujourd' hui.

L' Euro s' inscrit comme le plus grand désastre monétaire de l' Histoire et portera la responsabilité du troisième suicide de l' Europe en un siècle.

 

Battre la monnaie, un privilège strictement régalien.


La défense du monopole de la monnaie au profit de l' État reste un sujet de divergence au sein des libéraux. La plupart d' entre eux pensent que confier les clés de la banque centrale à l' État équivaut à confier les clés de la cave à vin à un alcoolique. Ce qui est tout à fait juste. L' État n hésitera pas à manipuler le prix interne  de sa monnaie ( taux d' intérêt ) pour atteindre des objectifs politiques et sociaux.

De ce fait, l' inflation générée est un crime monétaire profitant à l' État, en particulier s' il se trouve dans une situation d' insolvabilité. L' inflation profite aussi à ceux qui sont endettés à taux fixe et dont le pouvoir d' achat n' est pas affecté car ils peuvent augmenter leurs revenus sans efforts. Inversement, l' inflation nuit à ceux qui ont octroyé des crédits car il se verront remboursés en monnaie dévalorisée. " Le créancier perd et le débiteur gagne " ( Irving Fisher, économiste américain ).

En outre, l' État dispose d' un avantage auquel les contribuables n' accèdent que très rarement : il emprunte in fine, c' est-à-dire qu' il ne s' acquitte que des intérêts.et rembourse le capital à l' échéance du prêt.

Enfin, la citation de Milton Friedman résume parfaitement le vice de l' inflation :

" inflation is taxation without legislation "

Malgré tout cela, je maintiens ma position.

En en effet, si, en tant que citoyen, je dois me servir de la monnaie de l' État dans lequel je réside pour mes transactions courantes, rien ne m' interdit de placer mon épargne dans la monnaie du pays voisin dans la mesure où je pense que cette monnaie défend mieux mon intérêt d' épargnant.

La solution ne se trouve donc pas à la source, c' est-à-dire dans l' émission de la monnaie par l' État, mais dans la possibilité de choisir la monnaie qui lui conviendrait le mieux pour son capital. S' il existe une véritable compétition entre les monnaies pour la fonction de stockage de la valeur, avec une absence de contrôle des changes, alors la concurrence réapparaît. Et la crainte d' un monopole étatique disparaît dans le même temps.

Bien entendu, cela suppose aucune intervention des États pour biaiser le jeu en leur faveur. Ce qui se produit régulièrement et, est à l' origine de presque toutes les crises. La crise actuelle n' échappe pas à la règle.

Les états d' Europe du sud ont trop souvent recours à l' inflation, caractéristique des pays mal gérés. Dans un contexte où les monnaies se retrouveraient en concurrence, le Deutsch Mark ( DM ) s' imposerait naturellement de lui-même. En raison de la formidable supériorité économique allemande ainsi que de sa rigueur budgétaire, le DM s' approprierait légitimement le statut de monopole en tant que monnaie d' épargne. Les investisseurs français, italiens, espagnols épargneraient donc tous en DM plutôt que dans leur monnaie nationale.

Les traités européens interdisant, à juste titre, tout contrôle des changes et toute limitation à la libre circulation des capitaux en Europe, un pays comme la France se retrouverait  dans un système  où ses déficits budgétaires chroniques deviendraient très difficiles à financer.

 

 Angel Xp

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