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Wings of Liberty

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Parlons des choses qui fâchent.Angel Xp, analyste quantitatif & trader


La peur, le dernier rempart contre l' Euro ? Démontage des idées reçues sur un retour au Franc.

Publié par Angel Xp sur 21 Avril 2014, 22:06pm

Catégories : #Euro, #Articles incontournables

Devant l' évidence que l' Euro n' a tenu aucune de ses promesses, les partisans de la monnaie unique se retranchent dans une rhétorique basée sur l' ignorance et la crainte.

Désormais, ils affirment de manière péremptoire qu' une sortie de l’euro engendrerait un cataclysme économique, une envolée du chômage et la ruine des épargnants.

La peur se dresse donc comme le dernier rempart contre une dissolution de ce désastre monétaire. C' est pourquoi le moment est venu de tordre le coup à toutes les idées reçues sur un retour au Franc.

La peur, le dernier rempart contre l' Euro ? Démontage des idées reçues sur un retour au Franc.

1/ La dette française étant libellée en Euro, le retour à un franc dévalué alourdirait le poids de l' endettement.

FAUX : 97 % de la dette française a été émise en contrat de droit français. En vertu d' une clause de droit international appelée Lex Monetae, ces dettes seront ré-libellées et remboursées dans la monnaie ayant cours légal dans le pays. Aujourd' hui l' Euro, demain le Franc.

Les 3 % résiduels de l' endettement ne seront pas ré-libellés en Franc car le Trésor a émis une partie de la dette depuis Londres, Francfort ou New York.

La peur, le dernier rempart contre l' Euro ? Démontage des idées reçues sur un retour au Franc.

2/ Les prix de l' essence vont flamber.

FAUX :  Prenons par exemple le Sans Plomb 95. Le coût réel de l' essence ne représente qu' environ 30 % du prix à la pompe. 70 % du prix est composé majoritairement de taxes ( 56 % ).  Supposons un franc dévalué de 25 %. La dévaluation portera que sur les 30 %, qui vont alors monter d' un quart. Le prix total augmentera donc seulement de 7,5 % et non de 25 %.  Augmentation qui pourra être très largement compensée par une baisse des taxes.

La peur, le dernier rempart contre l' Euro ? Démontage des idées reçues sur un retour au Franc.

3/ Représentant moins de 1% de la population mondiale, la France a besoin de l' Europe pour rivaliser avec la Chine et les USA

FAUX :  Ce sont plutôt les petits pays qui caracolent en tête des statistques de croissance et de santé financière. Citons en quelques un : la Suisse, la Norvège, la Suède, la Finlande, Singapour, Hong Kong, le Canada ( 35 milions d' hab ), l' Australie ( 23 millions d' hab ), Monaco.

Les plus  gros pays ( en terme de population ) ne sont pas les plus prospères. Big ne s' accorde pas avec beautiful dans une économie moderne.

 

4/ Un retour au Franc diminuerait le pouvoir d' achat des Français et annéantirait l' économie française

FAUX : La dévaluation d' une monnaie se ressent uniquement sur les services et les produits importés depuis les zones monétaires plus fortes. ( Dollars, Deutsch Mark etc.. ). Or la part des produits issus de l' importation réprésente à peine 15 % dans la consommation des ménages.

 

PART DES IMPORTATIONS DANS LA CONSOMMATION TOTALE DES MÉNAGES
PAR DÉCILE DE REVENU EN UNITÉ DE CONSOMMATION
(EN %)

La peur, le dernier rempart contre l' Euro ? Démontage des idées reçues sur un retour au Franc.

Mieux encore, comme le Franc se situe au point d' équilibre de l' ensemble des parités des monnaies européennes, sa dépréciation n' excéderait pas les 10 % par rapport à l' Euro. C' est surtout le Deustch Mark et le Florin qui se réévalueraient de + 20 %. L' Italie, l' Espagne et la Grèce dévalueraient respectivement de 20%, 30 %,50 %. ( les biens de ces pays seront relativement moins chers )

Quant aux entreprises exportatrices, une dévaluation apportera une véritable bouffée d' oxygène. Elles redeviendront compétitives et pourront reconquérir les parts de marché perdues à cause d' une surévaluation de l' Euro.

Ensuite, la charge des intérêts de la dette ( première dépense de l' Etat ), pèsera également moins sur l' économie.

Enfin, la réduction des importations, accompagnée d' une baisse de la pression fiscale, solicitera l' initiative entrepreunarial, favorisera la relocalisation de certaines entreprises et l' arrivée de nouveaux capitaux.

La conjugaison de ces évènements relancera l' économie et la création d' emplois productifs.

En résumé, je viens d' expliquer le rôle salvateur de la dévaluation du taux de change extérieur dans les sorties de crise des balances des paiements. ( que je détaillerai mieux dans un article centré sur la monnaie unique )

Toutefois, pour qu' une dévalutation soit réellement effective, à l' instar du Canada ou de la Suède,  une politique de libéralisation de l' économie doit être mise en oeuvre. C' est-à-dire la réduction de la taille de l' Etat dans l' économie.  Actuellement, l' hyperthrophie étatique consomme 57 % du PIB ( dont 46 % sont des prélèvements obligatoires ) et demeure le principal problème de la France.

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5/ L' Euro nous protège contre les crises financières et les " attaques " spéculatives des marchés.

FAUX :   D' abord la crise des " subprimes " prouve le contraire.

Pire encore, l' Euro a engendré un nouveau produit financier hautement spéculatif ; l' Euro-OAT-future ( FOAT ).  C' est un contrat à termesur les obligations émises par l’État français.( créé en 2012 par Eurex, le compartiment des dérivés de la Bourse allemande )

Vendre un FOAT revient à parier sur la dévalorisation de la dette française. Si un nombre important d' acteurs du marché cherchait à vendre ces contrats à terme et que les sommes engagées venaient à être importantes, la conséquence directe serait une baisse du cours des obligations de l’Etat français. Ce qui provoquerait un décollage immédiat des taux d’intérêts de la dette souveraine dont on a constaté les bienfaits dans l' Euro-Sud, en particulier  en Grèce.

En outre, l’ effet de levierpeut amplifier ce phénomène de spéculation.

Alors certes, on ne peut plus spéculer sur les anciennes monnaies, mais on spécule sur les dettes souverainnes. Au lieu de résoudre le " problème ", l' Euro le déplace en l' aggravant.

Attention, je précise que je ne m' oppose pas contre l' élaboration de ce genre de produit financier. J' expose juste le " mauvais " coté. Les produits dérivés résultent de la complexité du monde de la Finance. Cela relève d' un autre débat.

 

Angel Xp

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Laurie 23/04/2014 00:46

Waouh!

TataYoYo 22/04/2014 15:56

Excellent article ! En particulier le point 4. Il faut d' abord dévaluer pour que la libéralisation du pays s' opère en douceur. Suivre l' ordre inverse, c' est se diriger vers une révolte qui paralysera le pays.

Vagabonde 22/04/2014 15:34

L' auteur a " mis en pièce " les idées reçues vers un nouveau Franc ... huhu ^^

EL ToToR 22/04/2014 15:20

Nous voila en effet à la croisée des chemins : soit sortir totalement - monétairement et juridiquement - de l'union européenne , et donc prétendre prendre notre destin en main , soit nous soumettre jusqu'à notre ruine programmée à cette institution antidémocratique ( voir l'impuissance et médiocrité du parlement face à la commission et au conseil ) .
D'un coté nous restons en serrant les fesses avec l'espoir de passer à travers la cascade - ce ne sont plus des gouttes - sans trop nous mouiller , quelle imbécilité , soit nous décidons de nous jeter seuls à l'eau , nous serons trempés mais au moins nous pourrions prétendre choisir notre voie quitte à nous noyer . Mais pour cela il faudrait d'abord qu'existe un vrai sentiment unitaire et patriotique : il n'en est rien , et donc nous voilà condamnés à une lente décrépitude socio-économique , faute d'inventer un nouveau modèle de société .
C'est aussi simple que cela , et il est temps de décider chacun de prendre notre avenir en main , d’arrêter de tout attendre de l'état ou de "mécènes" , de décider par exemple de privilégier immédiatement les produits locaux plutôt qu'importés , de moins consommer d'énergie - tout le monde à 19° à la maison et dans les lieux publics - 16° la nuit , de tout faire pour que notre déficit s’efface avant que la dette ne nous tue , et enfin , face au plus grand enjeu que l'humanité n'ait connu depuis des millénaires , lancer toutes nos forces - finance tel un emprunt national , intelligence , travail .. - dans la recherche fondamentale pour une solution énergétique non fossile, moins pour son caractère polluant qu'à cause de sa raréfaction irréversible .
Ce n'est en effet pas du tout notre politique actuelle et seule un sursaut d’honnêteté citoyenne - improbable - permettrait d'éviter ce naufrage . Tous les traités - ce ne sont que des contrats - peuvent être résiliés ; ce n'est par déclarer la guerre que seulement reconnaitre nos désaccords et souhaiter retrouver notre liberté , en commençant par celle de penser... encore faut-il avoir envie de penser !

EL ToToR 22/04/2014 15:15

Super billet !

Les partisans de le construction européenne ne savent plus quoi inventer comme argument.

Ca me rappelle la ligne de défense des partisans de l'URSS en 1989 !

Tout ce qui allait mal, ce n'était jamais la faute de l'URSS !

Tout ce qui allait mal, c'était parce qu'il n'y avait pas assez de communisme !

ET DONC il fallait plus de communisme, encore plus de communisme !

Aujourd'hui, les partisans de la construction européenne ont exactement la même ligne de défense.

Si ça va mal, ce n'est pas la faute de la construction européenne. La construction européenne incarne LE BIEN.

Si ça va mal, c'est la faute des Etats. Les Etats incarnent LE MAL.

Conclusion :

il faut s'acharner à construire l'Europe. Il faut l'Europe, il faut plus d'Europe, il faut encore plus d'Europe, il faut toujours plus d'Europe, quoi qu'il en coûte.

Les partisans de la construction européenne ont aujourd'hui la même mentalité que les partisans de l'URSS en 1989.

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