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Wings of Liberty

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Parlons des choses qui fâchent.Angel Xp, analyste quantitatif & trader


Keynes & Krugman wish you a Merry Crisis and a Happy New Fear ! #Debt Bomb

Publié par Angel Xp sur 18 Janvier 2016, 17:22pm

Catégories : #Economie

Chers lecteurs, 

C' est avec pas mal de retard que je vous souhaite une bonne année 2016. Entre la folie des marchés et la reprise des sports d' hiver, le temps me fait cruellement défaut pour rédiger de nouveaux articles.

Crise des dettes souveraines, Shale Oil subprime, mismatch de liquidité, éclatement des bulles spéculatives, immigration sauvage, élections américaines, restriction des libertés individuelles, taxation des dépots bancaires, mise à mort des assurances vies, menace islamiste, embrasement du moyen orient etc ... 2016 promet d' être riche en rebondissements.

Cette année marquera surtout, le naufrage des politiques socialo-keynésiennes et mercantilistes à l' origine de tous nos maux. 

Il y a 3 ans déjà, Dominic Frisby un ami relativement célèbre outre-manche, résumait déjà la situation à travers une délicieuse parodie.

Le schéma keynésien est devenu l' horizon indépassable de la classe jaccassante. Soutenir la vision dépassée de Keynes permet de se faire élire à court terme, d' occulter les problèmes structurels à moyen terme ( en les aggravant ). Enfin sur le long terme c' est l' intégralité du système qui périclite. 

( Culte dirigiste + accroissement du poids de l' état dans l' économie + Taux d' intérêts réels négatifs )  = Keynes.

 

Ce qui se passe sur le monétaire sous Doxa keynésienne.

La monnaie a deux prix : un taux de change extérieur qui " mesure " la productivité et un taux d' intérêt qui permet d' intégrer le futur dans le présent par le mécanisme d' escompte.

Ces deux prix servent de " boussole " pour les investisseurs et les entrepreneurs. Par conséquent, ces prix doivent suivre l' offre et la demande, donc être établis par le Marché. Or tout le système des prix est définit par la FED, la BCE,la BoJ et la BoC.

Cette abérration intellectuelle conduit à une allocation désastreuse du capital avec les crises que l' on constate. 

On supprime progressivement une allocation individuelle, privée, responsable et statistiquement repartie au profit d' une allocation dirigiste, prébendière et gaspilleuse.

 

Mauvaise allocation du capital et système de crédit enrayé.

Lorsqu' on parle de la monnaie, il convient aussi de considérer deux aspects synchrones  : son prix et sa disponibilité.  Ce qui nous donne quatre cas possibles.

 

  • chère et disponible
  • chère et indisponible ( crise de liquidité )
  • bon marché et disponible
  • bon marché et indisponible

 

Les politiques d' assouplissement quantitatif ( Quantitative Easing )  misent en place par les banquiers centraux nous enfoncent dans le quatrième schéma en raison de la sous capitalisation ( manque de fond propre ) des banques commerciales.

Je m' explique : 

Lorsqu' une banque française, italienne ou grecque, etc.. accorde un prêt à une PME / PMI / TPE, elle doit mettre 40 % de réserves obligatoires légales ( à partir des fonds propres de la banque ) en face du prêt. Dans le jargon financier on appelle cela le collatéral. Cela permet de couvrir partiellement le risque de défaut de l' emprunteur. Comme les fonds propres des banques sont insuffisant à cause d' un leverage démesuré de 30 ( c' est-à-dire que pour 30 € d' exposition la banque dispose de 1€ de fond propre ) , pas de crédit pour la PME / PMI / TPE.

En revanche, l' achat d' une obligation souveraine ne nécessite pas de réserve obligatoire. Les dépots partent donc financer la dette des états ( en plus des rachats massifs par les banques centrales ). Mécaniquement les taux sur l' obligataire baissent et les politiques interprètent cela comme un signe de confiance des investiteurs sur les dettes souverainnes ( rofl lmao ). Ainsi la gabégie continue  et le poids de l' Etat dans l' économie continue sa croissance jusqu' à sa faillite. 

D' ailleurs, pour ceux qui me suivent depuis 2014 ceci est un non évènement. Le patron de la BCE, Mario Draghi s' en était aperçu lors de la mise en  place du programme LTRO ( Long term refinancing operation ), c' est pourquoi il avait mis en place les Targeted -LTRO ( T-LTRO ). ( Les banques pouvaient bénéficier des liquididité de la BCE uniquement si elle prêtait au secteur privé.)

L' Etat glouton consomme le capital disponible à des fins clientélistesSi la planification de l' économie et les fontionnaires créaient de la valeur alors l' URSS existerait encore et s' imposerait comme l' état le plus riche et le plus prospère.

Le secteur privé, l' unique agent économique pouvant créer de la richesse, n' a plus accès au capital pour le faire fructifier. La masse monétaire du secteur privé s' effondre ( déflation ) et les banques se retrouvent avec toutes les mauvaises sociétés en situation d' insolvabilité ce qui vaporisent leurs fonds propres.

En résumé, l' argent est bon marché mais indisponible, sauf pour les Etats et les multinationales.

Ce modèle s' oppose au Libéralisme, j' appellerai cela plutôt du Communisme de Marché.

Angel Xp

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Commenter cet article

Leicester 19/01/2016 18:56

Article excellent en particulier sur la mauvaise allocation du capital par les taux d' intérets réels négatifs.
La " solution " à la crise consiste à la faire payer par le public. Pour cela il faut que l’argent quittent les poches du citoyens lambdas vers celles des banques, des gouvernements et des très grandes entreprises financiarisées.

C’est ce que permet les taux à zéro et en supprimant les rémunérations des placements sans risque comme les livrets, les placements de trésorerie etc ; cela oblige les gens à acquérir les titres émis par les banques, les très grandes entreprises et les Etats surendettés. Titres côtés sur les marchés et donc dévalorisables. A la faveur des taux zéro on a canalisé, drainé l’argent des particuliers. Les émetteurs ont pu récolter cet argent quasi gratuitement et dans des proportions jamais vues dans l’histoire. Les émissions ont battu tous les records à la fois de taux bas et de volumes. Une fois cet argent collecté, il n’y a plus qu’à tirer le tapis, à monter les taux pour faire baisser la valeur des titres détenus par les particuliers! Et ainsi faire baisser la valeur de la dette due par les émetteurs. On a ainsi tondu les gogos et quand on le voudra, on pourra racheter cette dette à vil prix. L’opération peut être recommencée plusieurs fois car le public n’a aucune mémoire et ses « conseillers » sont sans scrupules.

Loganflow 19/01/2016 11:53

Article très instructif.

Je souhaiterai vous poser une question plus technique ( que vous avez sans doute déjà répondu dans votre article sur l' échec de la BCE dans sa lutte contre la déflation, mais j' avoue n' y pas comprendre grand chose ) Est il vrai que les banques européennes empruntent à des taux voisins de zéro à la BCE pour ensuite acheter des obligs longues et encaisser tranquillement le spread ? Dans ce cas je comprend mieux la chute des taux longs

D' avance Merci

Angel Xp 19/01/2016 19:11

@LoganFlow :

Les taux directeurs de la BCE et de la FED sont respectivement de 0.05 % et 0.5% donc c' est un fait.

Les banques en faillite achètent des obligations de leur Etat aussi en faillite et donc financent les déficits budgétaires chroniques de ces états à partir des dépots de leur clients et cela sans aucun collatéral ( pas un centime de capital.)

Si vous achetez une oblig corporate comme Nestlé, la banque doit mettre 28 % de capital en face.
Une action de Nestlé requiert 40 %
Une oblig de l’Etat Français, Italien ou Grec zero
Et comme les banques ne rémunèrent plus leurs dépots puisque les taux sont nuls elle empruntent de fait à zero et prêtent à l’Etat Français à 2 % par exemple.
L' addition est en réalité pour l’épargnant puisque le produit de son épargne est de fait transférée à la banque.

TEKTOR 18/01/2016 18:53

Voilà un article salutaire !

la « Doxa » Keynésienne domine le courant de pensée de notre époque, bien qu’elle n’ait jamais marché nulle part, qui recommande de baisser les taux dès que l’économie ralentit, ce qui en soi n’est pas totalement stupide et arriverait naturellement de toutes façons, mais nous amène inexorablement à l’étape suivante, de garder des taux perpétuellement bas pour ne jamais favoriser l’épargne, cette mère de toutes les dépressions.

NaNy 18/01/2016 18:52

Mon ténébreux ! <3

Marc Valmont. 18/01/2016 18:30

Angel Xp signe son retour parmi les bloggeurs auxquels j' accorde de l' intérêt. Toujours aussi plaisant de vous lire.

Là où le keynésianisme fait mal, c’est du côté des libertés et de la liberté en général puisqu’il augmente les ressources du gouvernement, de l’Etat et de ses fonctionnaires/ponctionnaires. Les dépenses de l’Etat lui donnent toujours plus de pouvoirs, d’influence dans l’économie, à lui et à ses sbires. Il peut embaucher, donc rendre dépendant de lui, acheter sa clientèle d’obligés, modifier les mentalités et la culture, propager la double culture de l’étatisme et de l’assistanat.

Angel Xp 19/01/2016 21:38

Merci à vous de me suivre. Vos interventions sont toujours d' une grande qualité.

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